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09.06.2006
Un voyage aux limites !
München. (Février 2006). Il est 19:00. J'ai terminé mes courses… je suis rentré à la maison ... et j'ai pris une petite douche ! En quittant brusquement la salle de bain, je commence à enfiler très rapidement un petit t-shirt et un jean en oubliant dans cette précipitation de prendre un caleçon, tout en me dirigeant vers la cuisine ...
Et en arrivant à la cuisse tout en remontant mon jean et en voulant fermer la braguette, ça coince ! La fermeture éclair met la peau à vif sous ses mâchoires métalliques : AHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHH ! Une douleur atroce, vive et lancinante m’envahie!
Une partie de peau de mon "ami" tu sais…est coincée dans la fermeture éclair !
J’ai crié. Fort ...Encore plus fort ! Je ne voulais pas en croire mes yeux...je me suis dis non c'est pas vrai ! Les secondes se suivent et se ressemblent dans une atroce douleur…Il faut trouver une issue, une solution…
Je voulais essayer de faire descendre le jean ...mais non, cela fait encore plus mal ...: c'est bloqué !
J’ai peur. Une panique totale ... je crie et je me dis « non...concentres-toi » ...Cela ne sert à rien ...j'essaye de réfléchir ...mais j'ai mal ! Et la douleur est là, bien présente et persistante!
Et en plus, je ne peux pas bouger, car chaque mouvement augmente la douleur ...la peau est vraiment coincée.
Je pense au film Verrückt nach Marry ! Je me rappelle que le mec à qui cet accident stupide est arrivé ... est allé à la clinique !
Je me dis que c'est donc la seule solution. J’essaye de bouger comme un robot !pour aller chercher mes chaussures. J’enfile mes chaussures avec douleur et au milieu de mon chemin vers la porte je me dis : « non ...peut-être qu’il faut essayer de décoincer cette maudite fermeture éclair une dernière fois ! Essayer encore ! Peut-être que je peux résoudre seul ce satané et satanique problème kafkaïen. »
J’ai pensé à mettre de l'eau sur la fermeture éclair. Pourquoi pas ! Au point où j’en suis, trempé dans mes sueurs aussi froides que la neige qui couvre ma ville de Munich, je ne risque plus rien. Déjà sept longues minutes de mélodrame !
J’ai versé une tonne d’eau...tout mon jean est mouillé ...j'ai un peu froid et mal !
Je pense peut-être qu'un shampoing aiderait également. Me voilà versant toute une bouteille de ce produit mousseux…et après j'ai pensé à l'huile qui serait, elle, encore plus glissante ! Peut-être, j'ai pris rapidement la bouteille de la cuisine et j'ai tout versé sur cette maudite fermeture éclair ! Merde….je me suis trompé de bouteille, c'était celle du vinaigre, irritant et disgracieux !
Scheisse ...Le jean ressemble à tout sauf à un jean ...et partout du vinaigre dans la pièce, dans mes narines et dans mes neurones surchauffés !
Cela ne fait rien ...je m'en fous totalement ...je cherche l'huile et j’en verse une tonne. Toute la bouteille. Jusqu’à la dernière goutte.
Je sens que tout ce tralala ne sert à rien et que cela fait perdre du temps et qu'il faut remonter la braguette ...une pression terrible !
Je me suis d'abord dit : « attendons un peu pour que l'huile et tout le reste pénètrent bien dans la peau et le métal !
Une excuse pour ne pas remonter la braguette et gagner un peu de temps face à cette terrible souffrance qui m'attend mais de toute façon j'ai mal ... donc il faut agir ....
Ma mémoire me joue des tours de passe-passe. En quelques rapides secondes elle tente de me calmer en voulant relativiser ce drame.
Me voilà rentrant l’an dernier du Cameroun, heureux comme un Pape. Au bout de quinze jours, la plante des pieds me démange et au fil des jours la démangeaison marque une trace sous la peau. Un feutre bleu marquera vite le trajet ou le voyage de « la chose » : Catastrophe ! L’hôpital des maladies tropicales de Bavière prend rapidement les choses en main ! Ce n’est pas la grippe aviaire, mais un cas unique en Allemagne. Le patient porte à la plante de son pied gauche une « larve migrante » qui grandit de jour en jour et toute intervention chirurgicale serait une catastrophe de diffusions dangereuses…Suivent trois semaines de suspense jusqu’à l’extermination de la larve migrante géante par une…pommade. Un jour, j’ai dû pousser notre minibus en panne dans la jungle camerounaise et patauger dans la vase durant deux longues heures … !
Ma mémoire, croyant me réconforter me rappelle ce méchant tour que nous a joué la compagnie Air France et qui nous a value 15 heures « d’hospitalité forcée » à l’aéroport de Miami, au 5e étage d’une bâtisse cernée de rideaux de fer, chez le sympathique Oncle Bush qui gère son post 11/09 comme il peut et arrête toute victime d’un retard d’avion mal géré…C’était mon histoire dite « Visa pour l’ombre » en transit aux USA pour aller au Nicaragua, avec mon père !
Mais aujourd’hui, c’est tellement plus terre à terre, plus sensible et physique. C’est dramatique, car les secondes se conjuguent en mois !
Je me suis calmé ...j'ai essayé de bien voir le problème ....la peau est vraiment bien coincée ! Je me suis dis ....il y a deux solutions ! Il faut essayer de dégager et faire sortir la peau ou bien couper tout simplement un bout....mais cela, je pense que c'est à la clinique qu'il faudra le faire !
Donc, j'ai opté pour la première solution. Un cri avant de commencer, un 2e, un 3e et une série de hurlements qui deviennent encore et encore plus forts ! Et une fois la limite atteinte c’est le maximum d’hurlements, de la peur et du courage !
Je remonte la braguette.
Ahhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhh.
L’esprit est vif et encore sous le choc ...Un regard vite sur cette plaie ....et je remarque que c'est pas beau du tout mais c'est juste la peau qui est blessée. « L’ami » est sain et sauf !
Je tombe par terre bras ouverts et jambes écartées. K.O.
Je suis soulagé. Je suis inondé par l’odeur envahissante du vinaigre, du shampoing et de l'huile. Mais je m'en fous ...je suis au nirvana ! Délivrance totale et absolue !
Je pense aux voyages ...à l'amour ....que la vie n’est rien au fait. Une simple fermeture éclair qui se coince et le monde qui bascule !
J’ai un sourire sur le visage, je me lève et j'appelle maman, à 2000 kilomètres d’ici, tout soulagé en disant hoooooooooooooooola ...j'étais heureux !
C'est tout !
Reste Cette image "de la peau coincée" qui revient dans mon esprit, qui me hante et qui me fait encore mal !
C’était un autre voyage. Un voyage forcé ! Mais un voyage si intense…
Vive la vie !
23:25 Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note
Commentaires
Bravo Nan,
T'es un génie d'informatique certes mais surtout un homme de coeur et d'action!
J'admire ton efficacité, ta générosité et ta sensibilité!
Et....attention "à l'Ami qui nous fait du bien" en enfilant ton Jean!
Je t'aime
Pa
Ecrit par : Rached | 24.02.2006
Wao, dis donc c trés bien écrit!!!
Je te félicite de m'avoir offert un voyage juste pour une histoire de braguette:-)
ça n'empêche qu'il faut faire attention la prochaine fois et que il faut pas oublier d'enfiler un caleçon!!!
"roussa"
Ecrit par : diiiirty | 04.05.2006
@diiiiirty !
OK ! je vais faire plus attention :-)
MERCI pour ton commentaire :-) !
Ecrit par : @diiiiirty | 05.05.2006
WAAAAAAAAAAAAAAAAAW !!
j'avais le coeur qui bat à la chamade en lisant ton post !!!
Aie !! je pouvais même pas sauter les lignes; et aller à la fin pour voir comment c'est fini !!
fais attention la prochaine fois !!
au plaisir de te lire
Ecrit par : famoriena | 18.11.2006
Aniiiiiiiiiiiiiiiiiiiis !!!!!!!!!!!!!!!!! Quelle surprise !!!!!!!!!!!
Je ne pensais pas que tu parlerais un jour ici de ton... enfin de ta ... :)))
Je suis sûr qu'au moment où c'est arrivé, tu te sentais très seul ; c'était alors le désert de Zobi pour toi ! :)))
M'enfin c'est très original, tu l'as écrit d'une manière très légère bien que ce soit pas un souvenir certainement très agréable pour toi.
Ah remarque moi j'ai un souvenir qui rejoint un peu le tien.
Ecrit par : Roumi | 10.01.2007

